Tuesday 10th of December 2019

news blog logo
news menu left
news menu right

 

 


LA PARAMPHISTOMOSE BOVINE

 

 

 

            Le paramphistome est un parasite dont l’adulte est fréquemment isolé dans la panse des bovins pâturant en zone humide, sans que cela n’entraîne de signes cliniques sur les bovins infestés par quelques dizaines ou centaines de parasites.

 

 

« C’est quoi un paramphistome ? »

 

            C’est un petit ver dont l’adulte est gros comme un grain de riz, charnu et rougeâtre. Contrairement à sa cousine la Grande Douve, qui traumatise les canaux biliaires, le paramphistome « squatte » dans les papilles du rumen en se nourrissant du jus de la panse du bovin parasité. La longévité du paramphistome adulte est importante : il peut rester fixé sur la paroi du rumen pendant plusieurs années en l’absence de traitement. Très prolifique, il pond des œufs, rejetés avec les bouses dans le milieu extérieur.

 

Le paramphistome adulte "squatte" dans les papilles de la panse.
Photo: source LABEO Manche.

 

« Que deviennent ces œufs ? »

 

            Ces œufs éclosent en larves qui doivent, pour survivre, rapidement nager à la recherche de petits escargots aquatiques. Suite à leur infestation, ces derniers libèrent des larves transformées qui se fixent sur des végétaux.

 

 

« Il faut donc des milieux humides pour favoriser ce cycle parasitaire ? »

 

            Exactement. Les larves résistent plusieurs mois dans le milieu extérieur, sauf si c’est sec. Les zones à risque sont donc des zones marécageuses, des berges, des fossés humides, des empreintes de sabot remplies d’eau, des flaques d’eau autour d’un bac à eau, des passages boueux entre 2 parcelles ou autour des râteliers…

 

 

« Comment se contamine le bovin ? »

 

            En ingérant de l’herbe contaminée dans ces zones à risque.

 

 

« La paramphistomose est-elle néfaste au bovin parasité ? »

 

            Il existe 2 formes de paramphistomose :

 

  • La forme chronique, liée à l’accumulation des parasites adultes fixés dans le rumen et le réseau, est le plus souvent subclinique : la présence de quelques dizaines de paramphistomes dans la panse ne suffit pas pour déclencher des signes cliniques. Il faut au moins plusieurs centaines, voire des milliers de paramphistomes pour entraîner sur des bovins ayant pâturé plusieurs années une baisse de la production (croissance, lait), un amaigrissement, et plus rarement des ballonnements ou des diarrhées. Et dans ce cas, on ne peut exclure la participation de la Grande Douve, également présente dans les milieux humides, utilisant le même escargot, et abîmant le foie et les canaux biliaires.

     

     

    « Et l’autre forme ? »

     

  • C’est une forme aigue, beaucoup plus rare, liée à une infestation massive par des larves de paramphistomes. Ces larves s’enfouissent dans la paroi de la caillette et de l’intestin grêle, et se nourrissent de sang. Les bovins massivement contaminés présentent alors une très forte diarrhée d’apparition brutale, sans fièvre, un amaigrissement et une déshydratation prononcés, parfois fatale. Mais dans la majorité de cas, l’infestation est modérée et les larves quittent la paroi intestinale 3 à 6 semaines plus tard, et migrent pour aller s’installer dans la panse.

     

     

    « Comment fait-on le diagnostic ? »

     

                La forme chronique est suspectée lors de la présence en grand nombre des œufs de paramphistomes dans les matières fécales de bovins. Attention à l’interprétation car le paramphistome adulte est très prolifique et les œufs sont très souvent mis en évidence même chez des bovins non malades. Une coproscopie sur au moins 5 prélèvements de matières fécales permettra au vétérinaire traitant, selon le pourcentage de bovins infestés et la quantité moyenne d’œufs isolés, de décider d’un traitement du lot de bovins concerné.

     

     

    « Et l’autre forme ? »

     

                La forme aiguë est suspectée lors de l’apparition brutale d’une forte diarrhée sur un lot de bovins, pâturant des zones à risque, en été ou à l’automne. S’il s’agit d’une première infestation, la recherche des œufs dans les matières fécales est négative car ce sont des larves qui sont en cause. Si c’est une réinfestation, on peut trouver des œufs dans les matières fécales, mais issus de parasites adultes déjà installés dans la panse avant l’infestation massive de larves. Le diagnostic d’une forme aigue repose donc, à l’autopsie, sur une recherche des larves dans la paroi intestinale (grattage intestinal effectué sur demande lors d’autopsie en laboratoire). Du vivant de l’animal, il n’y a pas d’analyse possible, mais simplement une suspicion clinique, très évocatrice.

     

     

    « Comment traiter ? »

     

                Le traitement repose sur l’utilisation d’oxyclosanide. Ce vermifuge est prescrit sur prescription vétérinaire, hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), à une dose de 30 à 45 ml/100 kg, sans dose maximale, alors que le traitement contre la Grande Douve avec ce même produit est de 30 ml/100 kg avec une dose de 100 ml à ne pas dépasser. C’est donc 2 à 3 fois la dose utilisée contre la Grande Douve pour un bovin de 700 kg, ce qui est proche de la dose toxique. De plus, pour les bovins, et concernant un traitement contre la Grande Douve, le temps d’attente lait est de 4,5 jours, et le temps d’attente viande est de 14 jours. Mais pour traiter contre la paramphistomose (prescription hors AMM), et avec une dose supérieure à la dose de 100 ml, le délai d’attente lait passe à 7 jours, et celui de la viande à 28 jours. Le traitement doit donc être réalisé sur prescription vétérinaire lorsque les troubles observés sont réellement imputables à la participation du paramphistome.

     

     

    « Et quelles sont les autres mesures de lutte ? »

     

                Il faut savoir repérer les lieux de vie de ces petits escargots aquatiques qui hébergent les larves du paramphistome. Ils se localisent sur le sol, au bord de l’eau ou sous une faible hauteur d’eau (moins de 10 cm), le plus souvent dans des lieux éclairés, propices au développement des algues microscopiques dont ils se nourrissent. En hiver, ou en cas de sècheresse, ils s’enfouissent dans le sol et sont donc plus difficilement repérables. Les gîtes à limnées sont les fossés, les berges de cours d’eau, les zones inondées, les prairies marécageuses.

     

                Une fois identifiés, il convient de soustraire les bovins d’un risque de contamination (clôture des aires marécageuses, des cours d’eau, des fossés, empierrement sous les bacs à eau ou des passages boueux...) quand cela est possible, afin d’éviter des traitements lourds et coûteux.

     

Les zones inondables sont des habitats possibles pour les
petits escargots aquatiques...

…mais les abords des auges ou des bacs à eau également.

 

 

Christophe LEBOEUF

Vétérinaire GDS 50

 

 

 




Partenaires et Mentions légales

Articles favoris

Liens utiles



Powered by Joomla!. Design by: joomla 2.5 templates  Valid XHTML and CSS.

GDS50 - Maison de l'agriculture - BP 231 - 50001 SAINT-LÔ CEDEX